La tentation du mot-valise nihilisme
Le nihilisme est partout. C’est devenu le nouveau ketchup conceptuel : on l’étale sur tout. L’échec scolaire ? Un papier du Figaro Étudiant en 2024 parle d’une « jeunesse désenchantée » et d’un quotidien saturé de stress, traduction édulcorée du nihilisme académique version Mylène Farmer. La spéculation financière ? El País titrait en septembre 2024 : « Financial nihilism: the end of faith in the real value of money ». Même le Financial Times a ressorti le mot pour qualifier une génération YOLO d’investisseurs qui ne parient plus sur les valeurs mais sur le buzz. Côté Internet, la version la plus claire tient en un gif : Shrek affalé, clope au bec, regard vide, sous-titré nothing matters. Pas besoin d’un doctorat en philo pour capter la vibe. On pourrait aussi citer la déclinaison avec Snoop ou Booba : même posture, même lassitude pixelisée. Des gifs animés comme mode d’emploi express du concept “si tout est nihiliste, rien ne l’est vraiment”.
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